DOI :http://dx.doi.org/10.14718/ RevArq.2015.17.1.1

EDITORIAL

Perspectives croisées sur le doctorat en architecture

Uses and Space Appropriation of Public Space for the Democracy Build—Up

Jean-Philippe Garric*

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. París (Francia)

* 1 Architecte DPLG (École d’Architecture de Toulouse). Pensionnaire de l’Académie de France à Rome. DEA Projet architectural et urbain (Paris 8 / Ensa Paris-Belleville). Doctorat en Urbanisme et Aménagement (Université Paris 8, directrice : Françoise Choay). HDR Habilitation à diriger les recherches (Université Paris-Est, tuteur : Jean-Louis Cohen). Professeur d’Histoire de l’Architecture à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Directeur du Labex CAP : Laboratoire d’Excellence Création, Arts et Patrimoines. Directeur des collections d’architecture des éditions Mardaga. Projet d’exposition actuel : Charles Percier (1764-1838): Revolutions in Architecture and Design, Bard Graduate Center Gallery - New York, November 2016 - February 2017 Publications: (2014) V ers une agritecture : architecture des constructions agricoles (1789-1950), Bruxelles : Mardaga. (2012) Percier et Fontaine, les architectes de Napoléon, Paris : Belin. (2006) La Chapelle expiatoire, Itinéraire du patrimoine, Paris : Editions du patrimoine. (2004) Recueils d’Italie, les modèles italiens dans les livres d’architecture français, Liège : Mardaga.jean-philippe.garric@univ-paris1.fr

Referencia:Garric, J. P. (2015). Perspectives croisées sur le doctorat en architecture. Revista de Arquitectura, 17(1), 3-5. doi:10.14718/RevArq.2015.17.1.1


Mots clés: Histoire de l’architecture, recherche architecturale, formation doctorale, histoire culturelle, transfert culturel

Le choix de la revue d’architecture de l’Universidad Católica de Colombia de publier un numéro consacré au doctorat en architecture et en histoire de l’architecture en France, à partir d’une sélection de travaux réalisés par de jeunes chercheurs latino-américains, français, ou étrangers vivants en France, donne corps de façon originale et inédite à une réalité internationale qui n’est pas nouvelle, mais qui ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives.

Dans un panorama universitaire mondial de plus en plus multipolaire, le modèle universitaire français, qui continue de développer une alternative au modèle nord-américain dominant, regarde ses échanges avec les mondes universitaires hispaniques et lusophones, comme prioritaires. Pour autant, l’origine de cette publication n’est en rien institutionnelle, reflétant une réalité humaine et un parti pris subjectif, elle résulte au contraire d’une expérience au quotidien : fruit des rencontres et des échanges entre doctorants, qui ont pris corps dans le contexte de séminaires doctoraux, de journées d’études ou de façon plus informelle, et de la détermination d’Andrés Ávila Gómez à donner lieu à ces connivences et à ces pratiques intellectuelles convergentes, ou du moins confrontées. Il est remarquable que les auteurs invités à participer, architectes de formation à une seule exception près, abordent les domaines de l’architecture et de la ville, du patrimoine et de l’histoire, suivant des démarches qui relèvent très majoritairement de l’histoire culturelle et qui s’en revendiquent. Il faut sans doute se réjouir de voir ainsi des étudiants disposant par ailleurs de tous les outils pour aborder et analyser les édifices, dans leur conformation physique et leur organisation spatiale, choisir d’interroger leur discipline du point de vue de sa relation à la société et ne pas s’enfermer dans des approches formelles ou internalistes.

La formation des modèles et leur diffusion à travers l’enseignement et la presse est abordée par Maribel Casas Correa à propos des théâtres français entre le Siècle des Lumières et le Second Empire ; par Amandine Diener à propos de la formation des architectes en France de la Révolution à la veille de Mai 68 ; puis, enfin, par Andrés Ávila Gómez à propos des salles de cinéma dans des publications d’architecture des années 30. Tandis que l’organisation des cadres professionnels de la production du bâti, dans le contexte spécifique de la Nueva Granada coloniale, est au coeur de l’étude de Lucía Arango Liévano, qui ouvre aussi à l’autre grand thème présent dans ces articles : celui des transferts culturels qui se développent entre nations européennes, comme dans le cadre inégal de relations de domination ou d’échanges asymétriques entre centre et périphérie.

La contribution de Shahram Hosseinabadi, à propos des cinémas strasbourgeois produits successivement sous domination allemande puis française, se range dans la première catégorie, permettant de discuter à la fois de la construction et de l’affirmation de réalités nationales et de leur hybridation dans l’Europe du XXe siècle. Celle de Luis Manuel Jiménez Madera, sur les élèves architectes latino-américains de l’École des Beaux-Arts de Paris au XIXe siècle, appartient au contraire à la seconde catégorie. Bien qu’ils soient plus directement tournés vers des enjeux contemporains du projet architectural et de l’aménagement urbain en contexte patrimonial, les textes de Laure Jacquin et d’Angie Shimabukuro n’échappent pas à cette double thématique culturelle et internationale. La première inscrit clairement sa démarche dans un questionnement diachronique, qui interroge le passé à l’aune de questions actuelles, pour informer en retour le présent. La mutation qu’elle vise, celle de l’intervention contemporaine dans les monuments historiques, est sous-tendue par l’internationalisation d’un regard patrimonial longtemps déterminé par des cadres nationaux. La seconde, qui s’intéresse au Centre historique de Lima étudie à l’inverse la façon dont des injonctions patrimoniales internationales se projettent et s’adaptent à une réalité locale.

Ainsi, ce numéro décrit une actualité de la recherche architecturale en France, qui est marquée par une attention partagée aux méthodes de l’histoire culturelle, comme aux transferts internationaux. Le panorama original qu’il propose permet de prendre date, en donnant corps à l’hypothèse stimulante d’une réalité internationale, à la fois par ses objets, par ses méthodes et par ces acteurs.


Perspectivas cruzadas en torno al doctorado en arquitectura

Palabras clave: Historia de la arquitectura, investigación en arquitectura, formación doctoral, historia cultural, transferencia cultural

La decisión de la Revista de Arquitectura de la Universidad Católica de Colombia, de publicar un número dedicado a investigaciones de doctorado en arquitectura y en historia de la arquitectura en Francia, mediante una selección de trabajos realizados por jóvenes investigadores latinoamericanos, franceses y extranjeros residentes en Francia, materializa de manera original e inédita una realidad internacional que, sin ser novedosa, abre actualmente nuevas perspectivas.

En un panorama universitario mundial cada vez más multipolar, el modelo universitario francés, que continúa desarrollando una alternativa al modelo norteamericano dominante, contempla los intercambios con escenarios universitarios hispanoamericanos y lusoparlantes, como prioritarios. Y, sin embargo, evidenciando una realidad humana así como un sesgo subjetivo, encontramos que el origen del presente número no ha sido institucional sino que surge, por el contrario, de una experiencia cotidiana: este es el fruto de encuentros entre doctorandos realizados en el contexto de seminarios doctorales, de jornadas de estudio y de intercambios más informales, así como de la determinación de Andrés Ávila Gómez de concretar este tipo de prácticas intelectuales convergentes y, ante todo, comparadas.

Cabe destacar que los autores invitados a participar —arquitectos de formación, con una sola excepción—, abordan ámbitos de la arquitectura y de la ciudad, del patrimonio y de la historia, siguiendo enfoques propios de la historia cultural, y que se reconocen en esta. Sin lugar a dudas, es importante constatar que los doctorandos cuentan además con todas las herramientas para analizar los edificios tanto en su configuración física como en su estructura espacial, y para elegir la forma como se interroga la propia disciplina desde la perspectiva de su relación con la sociedad, sin limitarse a enfoques formales o internalistas.

La configuración de modelos y su difusión a través de la enseñanza y de la prensa es abordada por Maribel Casas Correa en el caso de los teatros franceses del Siglo de las Luces hasta el Segundo Imperio; por Amandine Diener a propósito de la formación de los arquitectos en Francia desde la Revolución hasta la víspera de Mayo del 68; y, finalmente, por Andrés Ávila Gómez en el caso de las salas de cine en las publicaciones de arquitectura de los años treinta.

Por otro lado, la organización de los mandos profesionales de la construcción en el contexto específico de la Nueva Granada colonial, constituye el núcleo del estudio de Lucía Arango Liévano, abriendo así el otro tema fundamental que se hace presente en esta serie de artículos: las transferencias culturales que tienen lugar entre naciones europeas y también en el marco desigual de relaciones de dominación o de intercambios asimétricos entre centro y periferia.

El texto de Shahram Hosseinabadi, que trata sobre los cinemas estrasburgueses producidos sucesivamente bajo la dominación alemana y francesa, se inscribe en la primera categoría, interrogando de manera simultánea la construcción y la afirmación de las realidades nacionales en la Europa del siglo XX, así como su hibridación. Luis Manuel Jiménez Madera se ocupa en su texto —el cual se inscribe en la segunda categoría— de los alumnos latinoamericanos en arquitectura en el seno de la École des Beaux-Arts de Paris durante el siglo XIX.

Aunque orientados más precisamente hacia cuestiones contemporáneas del proyecto arquitectónico y del ordenamiento urbano en el contexto patrimonial, los textos de Laure Jacquin y de Angie Shimabukuro, no escapan a esta doble temática cultural e internacional. Jacquin inscribe manifiestamente su planteamiento en una problemática diacrónica que a partir de cuestionamientos actuales, interroga el pasado para luego orientar el presente; para ello, aborda la intervención contemporánea en monumentos históricos, considerándola como transformación que hoy se sustenta en la internacionalización de la mirada patrimonial, la cual durante un largo tiempo fue definida por marcos nacionales. Desde otro ángulo, Shimabukuro, al tratar el Centro histórico de Lima, estudia la forma en la cual los lineamientos internacionales sobre patrimonio se proyectan y se adaptan a una realidad local específica.

De esta forma, el presente número describe una actualidad de la investigación en arquitectura en Francia, marcada por la atención compartida respecto a los métodos de la historia cultural y a las transferencias internacionales. La perspectiva original que este número propone materializa la sugestiva hipótesis de una realidad internacional que engloba a la vez tanto objetivos como métodos y actores.


Crossed perspectives around the doctorate in architecture

Key words: History of architecture, architectural research, doctoral training, cultural history, cultural transfer

The decision of the Architecture’s Magazine at Universidad Católica de Colombia, dedicated to publish a doctoral research in architecture and architectural history in France, through a selection of works by young Latin American researchers, French and foreign residents in France, materializes in an original and unprecedented way an international reality that even without being innovative, actually opens up new perspectives.

In an increasingly multipolar world university landscape, the French university model, continues to develop an alternative to the dominant American model, by including exchanges with Latin American and Portuguese-speaking university settings as a priority. And yet, showing a human reality and a subjective bias, we find the origin of this issue has not been institutional but arises, however, as a daily experience: this is the result of meetings between PhD’s made in the context of doctoral seminars, study days and more informal exchanges as well as the determination of Andrés Ávila Gómez to realize this type of convergent intellectual practices and compared, above all.

Notably, those invited to participate -Architects, with one exception-, address fields of architecture and town, heritage and history, following their own approaches to cultural history, and recognized here. Undoubtedly, it is important to note that candidates also have all the tools to analyze the buildings both in its physical configuration and its spatial structure, and to choose the way the discipline itself is questioned from the perspective of their relationship with society, without limitation formal or internalists approaches.

The modeling and dissemination through education and the media is approached by Maribel Casas Correa in the case of the French theater of the Enlightenment to the Second Empire; by Amandine Diener concerning the training of architects in France from the Revolution to the eve of May ‘68; and finally by Andrés Ávila Gómez in the case of cinemas in architectural publications in the thirties.

On the other hand, the organization of professional construction managers in the specific context of colonial New Granada, is the core of study by Lucia Arango Lievano, opening another fundamental issue that is present in this series: the cultural transfers that take place between European nations and also in the context of unequal relations of domination or asymmetric exchanges between center and periphery.

Shahram Hosseinabadi’s text, which deals with the Strasbourgs cinemas produced successively under the German and French domination, falls into the first category, simultaneously questioning the construction and affirmation of national realities in Europe in the twentieth century and their hybridization. Luis Manuel Jimenez Madera deals in his text-which falls in the second category-with the Latin American students in architecture within the Ecole des Beaux-Arts in Paris in the XIXth century.

Although more precisely oriented towards contemporary issues of architectural design and urban planning in the heritage context, Laure Jacquin and Angie Shimabukuro’s texts do not escape this double cultural and international issues. Jacquin clearly fits her diachronic approach problematic from current questions, then interrogates the past to guide the present; for it addresses the contemporary intervention in historical monuments, considering it as a today’s transformation is based on the internationalization of the heritage perspective, which for a long period of time was defined by national frameworks. From another angle, Shimabukuro, by treating the historical center of Lima, explores ways in which international guidelines on equity are projected and adapted to specific local conditions.

Thus, this magazine describes the present research in architecture in France, marked by shared care on methods of cultural history and international transfers. The original perspective that this number intends materializes the suggestive hypothesis of an international reality that encompasses methods as well as both objectives and actors.

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